dimanche 8 avril 2018

VERDICT DE LA BOLDUC

J'avais besoin de voir le film le plus tôt possible, car si y a un film québécois qui m'intéresse beaucoup, je l'encourage dans le premier weekend qui ouvre... Fait intéressant... un dimanche midi, il y a beaucoup de personnes agées! Je vais aller voir Ready Player One après pour descendre la moyenne et l'écouter avec des ti culs de 11 ans!

DE QUOI ÇA PARLE : Ça parle de la vie de Mary Travers, aussi connu sous le nom de madame Edouard Bolduc, entre 1913 et 1941. De leur rencontre, de sa carrière, son accident et sa lutte contre le cancer.

Je vais essayer de défendre le film parce qu'il s'agit d'une Gaspésienne de renom et mis à part les spectacles Sur les Traces de la Bolduc qui ont eu lieu vers la fin des années 90 dans le quartier Hochelaga, il s'agit d'un film divisé par la critique. Je tenterai donc de défendre l'honneur de ma région natale tout en faisant la part des choses.

- On a critiqué le choix de la comédienne parce que quoiqu'elle a le talent musical pour la jouer, elle est blonde. Mais il fallait qu'elle soit blonde! Pourquoi? Parce que les couleurs sont fades. Le film a un feeling d'antan sur les images, les couleurs sont décolorés, comme un filtre Instagram que personne utilise! La Bolduc, sur ses photos est brune, voire noir, c'est vrai, mais sur la caméra, brun-noir fait trop noir. Les photos d'époque étaient authentiques, mais la couleur du chapeau se mélange avec celle de ses cheveux et pour un long métrage, pour avoir une teinte de brun qui reflète bien l'éclairage, faut aller dans le blond sale. Certains puristes vont critiquer l'accent qu'elle perd et regagne de façon discontinue, qu'elle ne roule pas ses R sauf quand elle chante, mais je vais donner un break à Debbie Lynch-White parce que depuis son rôle de gardienne de sécurité dans Unité 9, elle reçoit les représailles de fans qui ne font pas la différence entre la réalité et la fiction. C'est pas drôle, recevoir des menaces pour avoir réussi à être crédible!

- Le début est rough. Entre Mary rencontre Edouard et Mary rencontre Roméo Beaudry il y a un montage qui parle de toute la misère qu'elle a eu et ses enfants qui sont soit morts nés ou frappés par la maladie et pendant un moment, tu te demandes si ça va être comme ça tout le long.

- Difficile à se situer où exactement on est situé dans le temps. Le film commence en 1940 pour expliquer qui narre l'histoire (c'est sa fille Denise mais ils la montrent quand elle est enceinte) ensuite boom on recule de 3 ans pour la montrer pendant qu'elle fait ses spectacles avec "Le Bouton Sul Bout d'la Langue" le temps de ploguer le générique du début et ensuite re-boom! 1913 ou on la voie jeune en colocation avec sa copine (Bianca Gervais) ou elle demande crédit au "grocerie" du coin parce que le monde dans ce temps là paie en retard... Ensuite, free-for-all, un 3 ans plus tard par ci, une demi-douzaine de pierres tombales par là, des enfants qui poussent, qui poussent, le mari qui perd sa job, la regagne, doit faire des jobines parce qu'il l'a encore perdu en cours de route et par pour Baie-Comeau
pis ensuite on s'en fout la grocerie a fait faillite! 15 ans a passé tellement vite que notre seul repaire dans ce cafouillage c'était le retour en 1937 avec la conversation qu'on avait en début de film!

- Le cast est bon. Même les gros noms qui ont une ou deux scènes ont leur moment de gloire avec un "Avec la participation de" comme si elles avaient trop de Star Power pour ne pas être nommés au début. On se fera pas d'accroires, il y a juste 3 noms qui méritaient d'être sur l'affiche : Debbie Lynch-White, Emile Proulx-Cloutier et Bianca Gervais. Si y a de la place pour une de plus, mets une des Denise, mais je sais pas laquelle je mettrais, on changeait de fille tellement souvent j'avais de la misère à la retracer et c'est pas comme si ses cheveux blonds à elle était steady!

- J'ai été agréablement surpris à quel point le film met de l'emphase autour de Thérèse Casgrain! Il n'y a jamais eu de scènes ou Casgrain rencontre la Bolduc, mais Casgrain éprouvait de l'admiration pour la Bolduc, étant la preuve vivante qu'une femme peut percer dans un domaine jusqu'à maintenant exclusif aux hommes. De son côté, du moins dans le film, la Bolduc ne voulait rien savoir du combat que Casgrain essaie de faire aux noms des femmes à cause de ses pensées trop conservatrices. Mais tout ça me rend perplexe parce que la Bolduc a écrit une chanson sur les Suffragettes et j'avais toujours l'impression qu'elle était avant-gardiste.

- Parlant de religion, j'ai apprécié qu'ils aient montré au départ le setup social de cette époque! L'église qui dit : " La place de la femme est au foyer surtout quand elle est déjà mère ", " Nous n'encourageons pas les chansons grivoises", il parlait évidement de La Pitoune mais ils l'ont pas chanté dans le film...dommage... est-ce qu'il parlait vraiment du Bouton Sul Bout D'la Langue?
 Ah! et aussi " Le bon Dieu demande aux êtres humains de se multiplier et d'avoir le plus d'enfants possible, autant que le bon Dieu veut bien vous accorder". Donc, les morts-nés et les petits malheureux qui meurent de leur première grippe, c'est Dieu qui change d'idée à la dernière minute et qui demande un remboursement? Après six enfants, je suis impressionné que la foi de Mary n'a jamais été ébranlée... Moi ya longtemps que j'aurais fait "Fuck Dieu, il va se contenter de deux pis il ira chez le diable si yé pas content"

- Le générique passe trop vite! Il ya du monde que je connais qui joue dedans, des petits rôles! Maxime Cormier c'était toi, "votre horreur" n'est-ce pas? Le violoneux que j'ai vu, c'est pas Marc Brunet de De Temps Antan? Il a pas de rôle parlé mais il est quasiment toujours là quand la Bolduc joue! J'ai pas le temps de confirmer avec le générique parce que c'est trois colonnes de noms qui sort en même temps pendant 6 secondes!

AU FINAL :

Je le recommande à ceux qui aiment le cinéma québécois et qui cherchent à l'encourager! Ce n'est pas un film fait pour divertir, comme j'ai dit, le début est rough pour ceux qui sont sensibles à la misère humaine. Donnez lui une chance, il vaut la peine, la chanteuse turlutte bien, la musique est vraiment bonne on est pas proche de l'illusion parfaite, mais c'est assez bon pour le voir!

PROCHAINEMENT : Le Verdict de Ready Player One! Wrinkle of Time viendra plus tard, oui, oui, je ne l'ai pas oublié celle-là!

- G. G.

2 commentaires:

  1. As-tu ri, Damien, pendant le film?
    Juste pour savoir, avant de pouvoir aller le voir, moi-même.
    Angèle

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  2. Un peu... elle a gardé un certain sens de la répartie, mais l'attention est plus concentrée autour de la femme derrière les rideaux plutôt que son "personnage" qu'elle se donne sur scène. Elle a passé plus de temps à dire à sa fille "reste à Montréal, suis moi pas en tournée" que "Pars moi quelque chose en si dièse" *boutoum tss, rires* ;)

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